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SUMMARY:Nina Laisné\, un monde renversé
DESCRIPTION:Le Frac Franche-Comté consacre une première exposition monographique d’envergure à Nina Laisné dont l’œuvre transdisciplinaire se déploie dans le champ des arts visuels\, de la musique\, du spectacle vivant et du cinéma.\n\nSi Nina Laisné est aujourd’hui reconnue pour ses créations scéniques marquantes\, elle poursuit parallèlement une œuvre majeure dans le champ des arts visuels dont témoignent les pièces conservées par le Frac et l’exposition présentée aujourd’hui où figurent de nombreuses créations inédites.\n\nChez Nina Laisné\, les œuvres scéniques et les œuvres plastiques sont intrinsèquement liées : elle y célèbre également les métamorphoses\, les identités hybrides et les confluences musicales. L’artiste insuffle à ses productions plastiques une esthétique théâtrale\, tandis qu’elle imagine pour la scène des compositions picturales. La porosité est telle que l’on retrouve au cœur de l’exposition l’œuvre monumentale Arca ostinata conçue avec le musicien Daniel Zapico : « un théorbe qui se rêve édifice (…) orné de bestiaires fantastiques\, de chimères et d’oiseaux empruntés à l’ornementation baroque ».\n\nDans un mouvement de va-et-vient permanent\, les recherches plastiques nourrissent ainsi les performances scéniques et inversement. Le dialogue entre image\, musique et chant est omniprésent\, irrigué par des traditions populaires\, des récits oraux ou des fables concernant des êtres au genre fluide ou en voie de mutation animale. Ces figures ambiguës\, dont l’ancestralité est ici mise en lumière\, rejoignent des préoccupations très actuelles relatives à l’identité et à la visibilité des minorités.\n\nLa démarche de Nina Laisné s’enracine dans une archéologie rigoureuse de l’archive : partitions oubliées du XVIIe siècle\, récits de la période coloniale\, iconographies marginales et folklores ruraux. Elle s’emploie à dévoiler les failles des représentations et discours officiels et hégémoniques pour construire des contre-récits. Ainsi\, dans les installations Na maré cheia\, là no meio da mata\, Na maré baixa\, surge a resistência (2026) et Portulanos virados (2026)\, elle révèle l’histoire d’une exploitation à la fois ethnocide et écocide au Brésil : celle du bois de Pernambouc\, pillé dès le XVIe siècle par les colons français pour ses qualités tinctoriales et la fabrication d’archets. Ailleurs\, elle explore avec l’autrice Célia Houdart les multiples récits ibériques autour de la « femme-ours » (A Mulher ursa\, 2024-2026)\, interrogeant notre rapport à l’altérité.\n\nSes recherches\, qui s’étendent souvent sur plusieurs années\, se métamorphosent en propositions immersives d’une grande puissance poétique. Le visiteur est baigné dans un univers visuel hanté par la peinture de la Renaissance\, où la lumière – traitée par le prisme des ultraviolets dans Frati uccelli (2023) – révèle ce que l’œil nu ne peut percevoir. La musique et le chant\, issus des répertoires ibérique\, vénézuélien\, brésilien ou encore italien\, constituent la matière première et vibrante de chaque pièce. Ils deviennent ici l'outil d'une tentative de réparation symbolique\, redonnant corps et voix aux invisibilisés.  \n\nIntitulée un monde renversé d’après un livret baroque du compositeur Estienne Moulinié\, cette exposition embrasse plus de dix années de création : des premiers essais vidéographiques aux installations les plus récentes qui habitent l’espace architectural du Frac avec une force singulière et une beauté troublante.\n\nSylvie Zavatta
LOCATION:12 Avenue Arthur Gaulard\, Besançon\, Besançon
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URL:https://www.kraaby.com/evenements/458971-nina-laisne-un-monde-renverse
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