Château de La Roche-Guyon
95780 La Roche-Guyon
Depuis le donjon médiéval jusqu’aux écuries du XVIIIè siècle, des premières habitations troglodytiques au potager des Lumières, des salons d’apparat aux casemates aménagées par Rommel, le château est un parcours d’architecture ! C’est seulement aux origines de la forteresse que nous nous arrêterons dans ce texte. En l’an 863, Charles le Chauve, roi de France, défit les Normands près de Rouen. Afin de conforter son succès, Charles enjoignit aux comtes de réparer les anciens châteaux forts de cette région et d’en construire de nouveaux. Le seigneur de La Roche-Guyon entreprit probablement à cette époque des fortifications au nord de l’actuel donjon. En 911, Charles le Simple céda, par le traité de Saint-Clair-sur-Epte, les territoires formant la future Normandie au chef viking Rollon. L’Epte, rivière située non loin de La Roche, devint alors la frontière entre Vexin français et Vexin normand et la Roche-Guyon se vit confirmer le rôle de sentinelle aux marches du royaume. L’abbé Suger donna la première description du château. « Au-dessus du promontoire du rivage escarpé du grand fleuve de Seine, s’élève un château d’aspect sauvage et sans noblesse que l‘on appelle Roche-de-Guyon. Invisible à sa surface, il se trouve creusé dans une haute roche. Au penchant de la montagne, dans la roche, l’habile main de l’architecte a aménagé une ample maison pourvue d’ouvertures rares et misérables. » Sans murailles, ni créneaux, le château d’alors devait son importance stratégique à son positionnement : « Le château de La Roche dut plus d’une fois donner abri au roi, quand il dirigeait ses expéditions contre le Vexin normand. La seule route alors praticable passait aux flancs du château. » Philippe Auguste renforça les droits de Guy 1er de la Roche sur son domaine afin que celui-ci s’engagea à mettre ses châteaux à sa disposition. Guy fut vraisemblablement à l’initiative de la construction du donjon, édifié vers 1180-1190. La forteresse de La Roche-Guyon était, vers l’an 1200, un système défensif à deux pôles le donjon dardant son massif éperon au nord-ouest et le château, solidaire du rocher. Un ensemble complexe de passerelles mobiles, de couloirs et d’escaliers souterrains, reliait les deux bâtiments fortifiés. La construction d’un château adossé à la falaise et non plus troglodytique fut réalisée au XIIIème siècle. Le dernier seigneur de la Roche s’éteignit en 1460 sans postérité mâle. En 1474, sa fille Marie épousa en seconde noce Bertin de Silly, chambellan du roi Louis XI. Le fief de La Roche-Guyon demeura dans cette famille jusqu’en 1628. Avec Bertin Silly, le château perdit sa fonction de forteresse et se transforma en résidence que les rois de France vinrent fréquemment honorer de leurs visites. Des ouvertures furent percées, qui donnèrent de la lumière aux anciennes salles et les remparts du bas firent place à des murs d’aspect moins guerrier. Il conserva néanmoins son allure médiévale. L’histoire ne s’arrête pas là, les différents propriétaires qui se succédèrent ensuite apportèrent leur lot de transformations. En 1995, Le Conseil général du Val d’Oise et l’Association de sauvegarde et d’animation du domaine signe un contrat d’ouverture au public. L’Association est alors gestionnaire et locataire par bail emphytéotique du propriétaire, la famille de La Rochefoucauld. En décembre 2003, un EPCC (Etablissement Public de Coopération culturelles) remplace l’Association ; il développe depuis une politique autant culturale –avec un potager - verger de près de quatre hectares – que culturelle et accueille des artistes en résidence , produit des expositions (le public du Festival d’Ile de France pourra voir « Etre et paraître ,la vie aristocratique au XVIIIe siècle » ) ,développe une activité de publication avec sa « bibliothèque fantôme ». Ce lieu étrange a été choisi par Edgar P. Jacobs pour l’album culte de Blake et Mortimer , « Le piège diabolique « en raison de son caractère troglodytique qui lui confère une atmosphère très particulière quasi fantastique. Dernier billet vendu 1h avant la fermeture du château.